Qui peut emporter mon bonheur ?

Traduction du livre WECHAT COLLECTION 2013-2014

Traduction du livre WECHAT COLLECTION 2013-2014
Traduction du livre WECHAT COLLECTION 2013-2014

Qui peut emporter mon bonheur ?

 

2014.12.8

 

"La vie que l'on mène, qu'elle soit noble ou humble, pauvre ou riche, qu'elle se situe en haut ou en bas de l'échelle qui caractérise les six destinées dans les cycles infinis de vies et de morts, est déterminée par le karma de chacun. Comme un proverbe le dit : “Il n’existe pas de porte pour entrer dans le bonheur ou le malheur, mais les bonheurs ou malheurs sont attirés par ce que l'on est ”.

C’est vrai, personne ne peut arranger notre vie, sauf nous-même.

 

Pourquoi ne sommes-nous pas toujours heureux ? Quand nous n’atteignons pas notre but, nous sommes tristes; quand on l’atteint finalement, nous sommes contents. Cependant, comme ce bonheur est éphémère, nous finissons par retomber dans une situation de souffrance. Ainsi, nos bonheurs et malheurs alternent selon des conditions qui nous sont extérieures. Nous sommes comme un fou qui a perdu la tête, et bien plus comme un bouffon qui est perpétuellement dupé par ses propres émotions. Nous sommes mal à l’aise face aux changements, car nous avons des attachements qui sont présents dans notre esprit.

 

Il y a des gens qui n’ont aucun souci sur le plan de leur vie matérielle, mais ils ne sont pas heureux; il y en a d'autres qui ont un beau corps, et une vie familiale satisfaisante, mais ils ne sont pas heureux; il y a des personnes qui apprennent et pratiquent le Buddha Dharma, et deviennent moine, mais elles ne sont pas heureuses non plus. C’est parce qu’il y a une chose ou une personne qui ne leur convient pas.

 

Qu’est-ce que l’attachement ? C’est le désir de posséder un "objet". On s’éprend de cet objet parce que notre compréhension de la nature de cet objet n’est pas suffisamment profonde. "L'attachement”, c’est de ne pas accepter le changement, ne pas accepter les lois de la nature et insister sur notre propre intention. Quand on s’attache à notre propre perception des choses, même si on sait que ceci va nous apporter des souffrances, on ne veut pas la quitter. On croît que cela va nous apporter du bonheur; en fait, ce n’est qu’une illusion habituelle. Ce genre d’attachements nous fait tomber dans l’obstination, l’indolence, et l’irresponsabilité. En conséquence, sans faire attention, on rend tristes des personnes proches, on rate des bonheurs près de soi, et on néglige des choses précieuses dans notre vie.

 

Comment se rendre heureux ? Il faut abandonner des attachements et des pensées irréalisables. Si on fait ça, on sème des graines de bonheur dans notre cœur. Quand on quitte les attachements, on devient à l’aise avec soi-même. Ainsi, on est plus ouvert aux autres et les aide avec amour et bienveillance; le bonheur se trouve ici.

 

Si on met un bonbon sur le dos de la main, on le maintient avec précaution en ayant peur de le perdre. Cependant, si on le prend dans la paume, même si la main est ouverte, le bonbon reste là. De plus, on se sent détendu sans avoir peur de le perdre. Ainsi, les bonheurs et malheurs que nous ressentons viennent de notre mode de pensée, qui est aussi la clé pour réécrire le destin.

 

Quand on comprend l’essentiel de toutes les choses du monde, il n’est pas tellement difficile de se détacher. Quitter les attachements, ce n’est pas abandonner un objet, projet ou quitter une personne. C'est abandonner les attachements que nous avons pour notre propre perception des choses. Par exemple, si l’on pense que quelqu’un est méchant dans sa nature, pourquoi n’est-il pas un ennemi pour tout le monde ? Ainsi, le bonheur se trouve dans un esprit serein par soi-même. Si on n’y touche pas (à cet esprit), personne ne peut y toucher.

 

Autrefois, il y avait une personne qui était ennuyée par ses tâches quotidiennes. Un jour, cette personne rendit visite au Bouddha; elle demanda l’aide au Bouddha afin de se libérer. Le Bouddha récita un mantra, puis lui dit : “Ce qui peut vraiment vous libérer, ce n’est que vous-même.” La personne ne le comprit pas : “Mais je suis une personne pleine de perplexité et de tracas, comment puis-je me libérer moi-même ?” Le Bouddha dit : “Qui met ces tracas dans votre cœur ?” La personne resta silencieuse, sans savoir comment répondre. Ensuite, le Bouddha continua : “Ce qui met les tracas dans votre cœur, il faut que cette personne les en ressorte.” A ce moment, la personne s’éveilla.

 

Il faut que celui ou celle qui fait les choses les défasse. Nous somme le diable qui fabrique des ennuis, mais nous somme aussi l’ange qui nous en libère. Quand on se trouve dans un état de trouble, on devrait poser des questions et s'interroger soi-même; avec compassion, tolérance, et amour, se réconcilier avec soi-même. Si on est gentil avec soi, on est aussi gentil avec les autres, et on obtient un esprit étendu et ouvert.

 

Quand on peut se libérer de ces “ennemis imaginés”, on n'a plus d’ennemis. A ce moment, on peut avoir la sérénité, et en restant dans cette sérénité, nous ne sommes plus troublés par des conditions extérieures.

 

C'est comme avec un cerf-volant : quand on tient bien sa ficelle, on le maîtrise, que le vent souffle de l’est ou du sud."

 

 

Gyalwai Nyugu Rinpoché

慈成加參仁波切